Le « show, don’t tell » : un des outils principaux de la narration
Relue et vérifiée le 23 octobre 2026.
On s’attaque à l’un des piliers de l’écriture immersive, une technique aussi célèbre que redoutable : le Show don’t tell.
C’est quoi exactement, le « Show, Don’t Tell » ?
Littéralement : « Montre, ne raconte pas ».
L’idée est simple : au lieu d’expliquer froidement une information au lecteur, tu la fais ressentir à travers des actions, des perceptions, des sensations, des dialogues. Tu l’impliques. Tu transformes une information brute en expérience narrative.
Telling : Le narrateur informe.
Showing : Le lecteur découvre par lui-même.
En gros : quand tu « tell », tu balances l’info comme une fiche de personnage.
Quand tu « show », tu la rends vivante dans le récit. Tu la fais ressentir en jouant sur les 5 sens du lecteur : vue, ouïe, toucher, odorat, goût.
À quoi ça sert ?
Le « Show don’t tell » n’est pas juste un truc cool pour briller en société, c’est un véritable outil de narration. Voici pourquoi :
1. Immersion maximale
Tu n’écris plus « pour que le lecteur comprenne » mais « pour qu’il ressente ». Et ça change tout.
2. Anti-syndrome du rôliste
Tu sais, cette tendance à vouloir tout expliquer : le passé du perso, ses talents, l’histoire de son épée, les lois du royaume de Venzorak… Le « Show » permet de distiller ces infos naturellement, au bon moment. Et ton lecteur ne s’emmerde pas.
3. Rythmer ton récit
Tu ralentis quand il faut faire vivre une scène importante. Tu doses. Tu évites le mur de texte expositif qui fait fuir.
Exemples concrets : Show VS Tell
SCÈNE 1 – version « Tell »
Alzâck est en colère contre l’Empereur. Il trouve ses décisions injustes. Il se sent trahi et blessé.
SCÈNE 1 – version « Show »
Alzâck serre les poings, ses ongles s’enfonçant dans sa paume.
— Il a osé, murmure-t-il, la voix tremblante.
Il fait un pas vers la fenêtre, regardant les bannières impériales claquer au vent.
— Il m’a trahi.
Le lecteur ressent. Il voit. Il comprend, sans qu’on ait besoin de lui mâcher.
SCÈNE 2 – version « Tell »
Le château est sinistre et fait peur à tous ceux qui l’approchent.
SCÈNE 2 – version « Show »
Les torches portent de faibles flammes qui vacillent contre les murs de pierre noire, et même les corbeaux restent silencieux.
Une brume s’élève du sol, masquant les douves. Aucun garde. Aucun bruit. Juste ce grincement lent… comme si la porte se balançait au vent.
Encore une fois, tu fais travailler l’imagination du lecteur. Tu ne balances pas l’info, tu la mets en scène.
Oui mais… faut-il tout « montrer » tout le temps ?
Non. Et surtout : NON.
« Show, don’t tell », c’est une technique de narration, pas une religion.
Il y a des moments où « tell » est parfaitement légitime, voire indispensable pour garder le rythme. Par exemple :
- Pour passer rapidement une ellipse temporelle.
- Pour résumer des faits secondaires.
- Pour introduire une transition ou un flashback.
- Pour alléger une scène après une montée en tension.
La vraie problématique, c’est pas d’appliquer des recettes bêtement. C’est de savoir quand et pourquoi tu les utilises.
Un petit test pour t’aider
Quand tu relis ton passage, demande-toi :
« Est-ce que je suis en train de décrire une scène que le lecteur pourrait vivre ?
Ou est-ce que je suis en train de lui faire un compte-rendu ? »
Si c’est la deuxième option, demande-toi si ça vaut le coup de le transformer en scène vivante. Pas toujours.
En résumé
| 🛠️ Outil | Show, Don’t Tell |
|---|---|
| Ce que c’est | Faire vivre les infos à travers des scènes |
| Utilité | Immersion, rythme, émotion, naturel |
| À éviter | En abuser. Il faut savoir quand show et quand tell |
| Astuce | Passe en mode caméra. Raconte comme si tu filmais la scène. Imagine-toi au cinéma et décris ce que montre l’écran |
Dernier conseil d’auteur
Tu veux toucher ton lecteur ?
Fais-lui vivre l’histoire. Pas la lire comme un rapport de mission.
Et si tu dois choisir entre montrer ou raconter, rappelle-toi : les émotions naissent des actions, pas des explications.