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Les genres littéraires

Fiche n° 254 août 20255 min de lecture

Relue et vérifiée le 23 octobre 2026Mise à jour le 23 octobre 2026 : faits revérifiés et sources ajoutées

Sommaire du dossier 4 parties
  1. Bien définir le genre de son roman : pourquoi, comment, et quelles étiquettes utiliser ?
  2. Pourquoi c’est important de bien définir le genre de ton roman ?
  3. Les genres littéraires principaux (et leurs sous-genres)
  4. Erreurs fréquentes à éviter

Bien définir le genre de son roman : pourquoi, comment, et quelles étiquettes utiliser ?

Tu écris un roman… mais tu ne sais pas trop dans quel genre il rentre ?
Tu t’interroges : « C’est de la fantasy, ou plutôt de l’Urban ? C’est de la SF ou une dystopie ? De la romance… mais y’a de la magie dedans, donc ?… »

Pas de panique.

C’est normal de se sentir un peu perdu : les genres littéraires, ce n’est pas juste une case à cocher pour faire joli.
C’est un outil marketing, un code de communication avec ton lecteur, et une boussole éditoriale.

Pourquoi c’est important de bien définir le genre de ton roman ?

  • Pour cibler ton lectorat efficacement
  • Pour choisir une couverture cohérente
  • Pour travailler ton pitch, ta quatrième de couverture, ton titre
  • Pour placer ton livre dans les bonnes catégories Amazon ou librairie
  • Pour parler le langage de ton lecteur (et des éditeurs)

Si ton lecteur aime les codes de la dark fantasy, il ne s’attend pas à une feel-good romance dans un monde pastel.
Inversement, un lecteur Romance sera frustré et te haïra (dans le mauvais sens du terme) si tu lui vends une histoire d’amour qui finit mal sans prévenir (coucou la tragédie).

Les genres littéraires principaux (et leurs sous-genres)


La fantasy

Le genre de l’imaginaire par excellence.
La magie et les éléments surnaturels y sont acceptés comme des réalités, et le monde est souvent inventé de A à Z (ou parallèle au nôtre).

Sous-genres :

  • High Fantasy / Fantasy épique : grandes quêtes, guerre du Bien contre le Mal. (ex : Le Seigneur des Anneaux, Eragon)
  • Low Fantasy : magie discrète, souvent dans un monde proche du nôtre.
  • Dark Fantasy : atmosphères sombres, personnages ambigus, violence. (ex : Berserk)
  • Romantasy : Romance dans l’histoire + Fantasy dans le contexte (ex : ACOTAR, La Passe-Miroir)
  • Grimdark : nihilisme, anti-héros, désespoir. (ex : Game of Thrones)
  • Fantasy mythologique : inspirée de mythes réels (nordiques, grecs…). (ex : Percy Jackson)

La science-Fiction

Le surnaturel devient ici explicable par la science.
On extrapole à partir de connaissances actuelles pour imaginer un futur, une société, une technologie ou une mutation humaine.

Sous-genres :

  • Hard SF : rigueur scientifique poussée (ex : 2001, l’Odyssée de l’espace)
  • Soft SF : focus sur les personnages, société, émotions
  • Cyberpunk : univers futuriste dystopique, technologie + déchéance sociale (ex : Neuromancien, Blade Runner)
  • Space opera : épopée interstellaire, batailles spatiales, politique (ex : Dune, Star Wars)
  • Uchronie : réécriture de l’Histoire avec un point de divergence (ex : Le Maître du Haut Château)

La science-Fantasy

Un mélange de fantasy et de SF.
Technologie avancée + éléments magiques/surnaturels. C’est le royaume des sabres laser et des dieux aliens.

Exemples : Star Wars, Thor, Horizon : Zero Dawn


La romance

L’intrigue tourne principalement autour d’une relation amoureuse, avec une fin heureuse obligatoire pour être considérée comme de la romance au sens strict : un « happily ever after », ou au moins un « happy for now » (sinon c’est un autre genre : drame, tragédie, etc.).

Sous-genres :

  • Romance contemporaine
  • Romance historique
  • Romantasy (déjà citée)
  • Romance paranormale : vampires, loups-garous, etc.
  • Romance érotique
  • Dark romance : relations toxiques, violentes, immorales

L’urban fantasy

La magie et le surnaturel débarquent dans notre monde, de nos jours, souvent dans une grande ville.

À ne pas confondre avec le merveilleux, qui n’est pas une question d’époque : c’est le registre des contes, où le surnaturel est accepté comme allant de soi, sans que personne ne s’en étonne.

Sous-genre :

  • Bit-lit : créatures surnaturelles + héroïne badass + tension sexuelle (ex : Twilight, Anita Blake)

Le fantastique

Le genre le plus incompris.
C’est le doute face à un événement d’apparence surnaturelle, par un personnage qui évolue dans notre monde .

Tant qu’il n’y a pas d’explication claire, on reste dans le fantastique.
Dès qu’on tranche (c’est magique / il y a une explication rationnelle), on bascule ailleurs.

Et, souvent, le fantastique flirte avec l’horreur pour insuffler ce fameux doute.

Exemples : La Ligne Verte, Shining, Le Horla, Sixième Sens


Le thriller

Objectif : tension, suspense, montée dramatique.
L’histoire est structurée pour garder le lecteur en haleine jusqu’à la fin.

⚠️ Ce n’est pas forcément un polar ni de l’horreur.
Le thriller peut être politique, psychologique, juridique, etc.

Exemples : Gone Girl, Shutter Island, La Fille du Train


L’Horreur

Ici, on cherche à provoquer la peur, l’angoisse ou le malaise.
Souvent lié au fantastique ou au thriller, mais pas nécessairement.

Exemples : Ça, Simetierre, Les Dossiers Warren


La tragédie

C’est l’anti-romance : une histoire émotionnelle, centrée sur des personnages… mais qui se termine mal.

Exemples : Roméo et Juliette, Nos étoiles contraires


La dystopie

Un futur possible, mais corrompu.
On y dénonce une dérive actuelle poussée à l’extrême : surveillance, totalitarisme, inégalités, fascisme au pouvoir…

Exemples : 1984, Hunger Games, Divergente

Différences à noter :

  • Dystopie → société corrompue
  • Utopie → société parfaite (souvent ironique ou faussement parfaite)
  • Post-apo → monde après un cataclysme
  • Anticipation → futur proche, réalisme plus marqué

La littérature blanche / Générale

Souvent opposée à la « littérature de genre ».
Elle s’ancre dans le réel, souvent avec une écriture plus littéraire ou introspective, sans codes précis.

Exemples : Delphine de Vigan, Virginie Despentes, Leïla Slimani

Erreurs fréquentes à éviter

Idée reçueCorrection
« Mon livre est inclassable, il mélange tout. »OK, mais il faut toujours choisir un genre principal, sinon les lecteurs fuient. Ils ont besoin de codes auxquels trouver des promesses.
« Je fais de la fantasy, mais tout est réaliste, pas de surnaturel. »Ce n’est plus de la fantasy. On peut faire une fantasy sans magie, mais il faut du surnaturel.
« C’est de l’urban fantasy car c’est en ville. »Faux. L’urban fantasy = éléments surnaturels assumés dans notre monde moderne. Une histoire 100 % réaliste à Paris n’est pas de l’urban fantasy. Et une histoire surnaturelle dans une ville urbaine se situant dans un monde imaginaire n’en est pas non plus.

Connaître son genre, c’est savoir à qui on parle.
Tu ne peux pas vendre un livre si tu ne sais pas à quel rayon il va se retrouver. Les genres sont là pour aider le lecteur à choisir, et pour t’aider à cibler ta communication.

Pièces du dossier

Les sources utilisées pour vérifier cette fiche.

  1. Tzvetan Todorov, Introduction à la littérature fantastique, Seuil, 1970